L'association

L'association · Au cœur d'Ebando

Au cœur d'Ebando vit une présence sans statuts ni registre : un espace où celles et ceux qui ont subi des violences sexuelles peuvent, enfin, échanger entre elles et entre eux. Un lien qui ne s'explique pas, et qui répare déjà.

L'ampleur

90 %
des victimes de violences sexuelles sont des femmes.
Près de1 sur 2
femmes ont subi des violences physiques au cours de leur vie au Gabon.
56 %
des femmes victimes ne font rien après avoir subi des violences.
+100
témoignages recueillis par Ebando depuis sa création.

Sources : Enquête nationale sur les violences basées sur le genre (Gabon, 2018, UNFPA) ; Enquêtes Démographiques et de Santé du Gabon (2012, 2019-2021).

Un documentaire

Quand la parole se libère.

L'Iboga fait remonter les traumatismes enfouis. Ce documentaire, soutenu par le Fonds d'Appui PISCCA de l'Ambassade de France au Gabon, suit des femmes qui, après vingt ou trente ans de silence, ont enfin pu parler.

Comprenant au cours de l'initiation qu'elles avaient été victimes, et non coupables, elles ont trouvé les mots. Pourquoi elles ont parlé maintenant, et pas avant, reste une question que le film laisse ouverte.

Documentaire · Mivova y'ato · Fonds PISCCA — Ambassade de France
Mivova y'ato (« Paroles de femmes »). Un film consacré à des femmes survivantes de violences sexuelles. Sujet sensible.

Soutiens et partenaires du film

République française — Ambassade de France au Gabon

Documentaire soutenu par le Fonds d'Appui PISCCA de l'Ambassade de France au Gabon.

Université Omar Bongo

En lien avec le Département de psychologie de l'Université Omar Bongo.

La vérité d'abord

Tu es la victime. Pas la coupable.

La honte appartient à celui qui a commis. Pas à celle, pas à celui qui a subi. Beaucoup l'ont compris au cours de l'initiation : ce qu'on leur avait fait portait un nom, et ce nom n'était pas le leur.

J'ai compris que j'étais la victime, et qu'eux étaient les monstres.

Mivova y'ato, Paroles de femmes

Visage de femme émergeant de l'ombre vers la lumière, présence digne au cœur des Abusé.e.s Anonymes

Une présence, pas une institution

Les Abusé.e.s Anonymes.

Il n'y a ni statuts, ni bureau, ni liste. Il y a un lien, né au cœur d'Ebando, entre des femmes, des hommes, et celles et ceux qui ont été abusés enfants, qui se reconnaissent sans avoir à tout dire.

Le Président et Tatayo, co-fondateur et secrétaire exécutif, veillent sur cet espace où la parole peut circuler entre celles et ceux qui ont traversé la même nuit.

Personne n'est obligé de parler. Personne n'est seul à porter.

Échanger, être entendu·e

Le chemin

Ce que l'initiation fait remonter.

L'Iboga ne juge pas et n'oublie rien. Au cours de l'initiation, des traumatismes enfouis depuis l'enfance reviennent à la surface, parfois après vingt ou trente ans de silence. Les voir, les nommer, c'est commencer à les transcender.

Comme le dit Tatayo : « c'est l'initiation à l'Iboga qui fait remonter le traumatisme enfoui depuis si longtemps ».

Comprendre l'initiation

L'ampleur, et un recul fragile

Ce que disent les chiffres.

Au Gabon, les violences faites aux femmes reculent, lentement. Selon les Enquêtes Démographiques et de Santé, sur une dizaine d'années, chaque grand indicateur a baissé.

  • Violences physiques subies au cours de la vie : de 52 % en 2012 à 45 % en 2019-2021.
  • Violences sexuelles : d'environ 22 % à 15 %.
  • Violence conjugale, physique ou sexuelle : de 54 % à 37 %.

Femmes de 15 à 49 ans · Enquêtes Démographiques et de Santé, 2012 → 2019-2021

Le revers

Dans le même temps, la part des femmes qui cherchent de l'aide a, elle, chuté : 43 % 28 %. Moins de victimes osent parler qu'il y a dix ans. Ce recul-ci n'a rien d'une bonne nouvelle.

Un recul réel, donc, mais fragile. Près d'une femme sur deux reste touchée, et près de six victimes sur dix ne demandent rien à personne. C'est ce silence-là qu'Ebando tente de rompre.

Source : Enquêtes Démographiques et de Santé du Gabon (DGS Gabon & DHS Program, 2012 et 2019-2021).

Briser le silence

Tu n'es pas seul·e, et tu as des droits.

Parler ne répare pas tout, mais le silence protège l'agresseur, jamais la victime.

Depuis sa création, Ebando a recueilli plus d'une centaine de témoignages, venus de tous les milieux. Une oreille, là où il n'y en avait pas.

Tes droits, au Gabon

  • La loi te protège

    La loi n° 006/2021 du 6 septembre 2021 porte sur l'élimination des violences faites aux femmes ; une loi du même jour a réformé le code pénal et reconnaît notamment le viol conjugal.

  • Tu as le temps

    Le viol se prescrit par vingt ans. Pour les faits subis pendant l'enfance, ce délai ne commence qu'à ta majorité.

  • Un accompagnement existe

    La prise en charge psychologique des victimes est prévue par la loi ; un centre d'accueil dédié fonctionne à Libreville.

Où trouver de l'aide

Ces informations sont données à titre d'orientation. Certains commissariats disposent d'unités dédiées aux violences ; pour ta situation, un professionnel ou une association pourra t'accompagner.

Comprendre, et agir

Un colloque universitaire sur la violence.

Les 16, 17 et 18 janvier 2024, Ebando a co-organisé avec le Département de psychologie de l'Université Omar Bongo le Colloque sur la Violence, avec le soutien de l'Ambassade de France et de l'Union européenne. Il prolonge le film Mivova y'ato et plus de vingt ans de témoignages recueillis.

L'intuition qui le porte : nos addictions et nos dérives prennent racine dans nos traumatismes. Croiser la recherche universitaire et l'expérience initiatique, pour mieux comprendre la violence et chercher, ensemble, des voies de réparation.

Avec le soutien de

Université Omar BongoRépublique française

Une porte reste ouverte

Venir, parler, être entendu·e.

Si tu te reconnais dans ces voix, tu es le ou la bienvenue. Écris-nous, ou viens. Le reste se construit ensemble.