Masque Bwiti, image symbolique du sacré gabonais
L'initiation

✦ La page reine

Iboga & Bwiti.
Le bois sacré du culte
de la force équatoriale.

Bwete-Bwiti, une tradition vivante, transmise parmi les ethnies du Gabon depuis des siècles, jusqu'aux Fang à la fin du XIXe siècle et à l'aube du XXe.

Qu'est-ce que le Bwiti ?

Le Bwiti apparaît comme l'une des plus importantes traditions ésotériques du Gabon. Les premiers à expérimenter le pouvoir de l'Iboga furent les peuples premiers de la forêt ; sa pratique ritualisée, mêlée au culte des Ancêtres, a donné naissance au Bwiti, au cœur de la forêt équatoriale.

Qu'est-ce que l'Iboga ?

L'Iboga (Tabernanthe iboga), aussi appelé Bois Sacré, est le véhicule initiatique du Bwiti. Effets toniques à petite quantité, réalisations initiatiques à plus grande quantité. Utilisé dans le cadre d'une action de guérison, c'est une plante enthéogène — et il n'est pas du tout addictif lui-même.

Le Bwiti apparaît comme l'une des plus importantes traditions ésotériques du Gabon.

Collectif organisateur du séminaire LUTO, 2000

Les mutations actuelles, suscitées par la réintroduction du sens du global dans les sociétés humaines, de l'imaginaire et du sacré, annoncent à terme la naissance d'une nouvelle vision de l'homme et du monde. Elles nous amènent de ce fait à reconnaître la tradition non plus comme un ensemble de valeurs passées — donc dépassées — mais au contraire comme un facteur susceptible d'apporter un nouveau sens à la vie.

Le Gabon, centre spirituel

Une tradition vivante, un patrimoine essentiel.

Il est vital pour notre humanité de découvrir toute cette sagesse millénaire qui fait partie de notre propre patrimoine culturel. Une bonne connaissance du rôle des communautés dites ésotériques s'impose à tous. Au Gabon, le Bwiti en constitue une.

Certains observateurs vont jusqu'à dire que « le Gabon est à l'Afrique ce que le Tibet est à l'Asie » — un véritable centre spirituel d'initiation religieuse.

Notre association Ebando a pour objet de mieux faire connaître ces patrimoines essentiels.

L'EBOGHÊ n'est pas seulement une plante. Le BWÉTÉ n'est pas seulement un rite. Ils constituent un héritage civilisationnel, spirituel, culturel et scientifique qui participe de l'âme même du Gabon.

Tah Mombo

Le Bwiti est lié à l'essence de chaque personne dans sa différence.

Tradition Bwiti

L'origine première

Les premiers à expérimenter le pouvoir de l'Iboga.

Face au déferlement des sectes d'inspiration chrétienne et à l'installation de l'Islam en Afrique Centrale, subsistent encore des cultes traditionnels dont le plus connu au Gabon est le Bwiti — rite initiatique dont plusieurs documentaires viennent de délivrer certaines facettes au public (réalisateur Jean-Claude Cheyssial, cinéaste et ethnologue accompagné par Tatayo).

L'Iboga, véhicule initiatique du Bwiti, également appelé Bois Sacré, a des effets toniques à petite quantité et mène à des réalisations initiatiques à plus grande quantité.

La pratique de l'Iboga remonte à la nuit des temps, car l'arbuste magique prospérait déjà à l'ombre des arbres géants de la forêt équatoriale, bien avant l'arrivée du premier chasseur.

Les premiers à expérimenter son pouvoir furent les peuples premiers, qui avaient observé des animaux — cochons sauvages selon certains, porc-épics ou singes mandrilles selon d'autres — être en proie à une grande excitation après l'ingestion des racines du Tabernanthe iboga.

Sa pratique ritualisée se transmit ensuite de génération en génération, au cœur de la forêt et de ses peuples.

Supputation tangible

L'origine du Bwiti semble être venue par les familles linguistiques Membè-Meriè, et ce grâce aux BaBongo, qui auraient montré la plante maîtresse — l'Iboga — qui est à la base du Rite. Sur un sujet aussi sensible, nous l'énonçons comme une supposition, non comme un fait établi.

Forêt équatoriale, terre des peuples premiers
La forêt équatoriale, terre des peuples premiers qui ont découvert l'Iboga.Image symbolique
Deux jeunes initiés au visage peint de rouge et de blanc, tradition Bwiti
Jeunes initiés, visages peints.Image symbolique
Profil d'un initié au visage peint de rouge et de blanc, paré de cauris, les yeux clos, devant le raphia

L'arbre vivant

« Tout est dans la nature et toute la nature est en moi. On est ensemble. »

— Parole des peuples premiers

Le but de l'initiation

Faire remonter l'impétrant à l'origine des temps.

Le but de l'initiation — qui peut s'étaler sur plusieurs jours — est notamment de faire remonter l'impétrant à l'origine des temps, en revivant les souvenirs de milliers de générations qui l'ont précédé et qui sont enfouis dans sa mémoire individuelle, parcelle d'une mémoire collective immémoriale.

Un autre but est évidemment curatif : de nombreux patients comptent sur le pouvoir du rite pour chasser tous types de maladies, tant physiques que psychosomatiques ou d'origine sorcière.

Un des volets du documentaire de Cheyssial décrit l'usage possible des propriétés alcaloïdes de l'arbuste pour le traitement du sevrage des drogues — notamment héroïne et cocaïne. Selon plusieurs expériences menées par des scientifiques américains et suivies par le pharmacien le plus connu du Gabon, le Professeur Gassita, la puissance des dérivées de l'Iboga — qui n'est pas du tout addictif lui-même — permet de couper rapidement la dépendance aux drogues dures.

Sur l'état réel des connaissances scientifiques, leurs promesses comme leurs limites, voir ce que dit la recherche sur l'Iboga et l'ibogaïne.

Nganga préparant une calebasse lors d'un rite traditionnel
Le nganga et la calebasse.Image symbolique
Autel forestier, braises et fine fumée sacrée dans la nuit

Au cœur du Bwiti

Recontacter ses propres racines.

« Tout est dans la nature et toute la nature est en moi. On est ensemble. » — Parole des peuples premiers

L'Iboga, véhicule initiatique du Bwiti. La rencontre avec soi-même se vit, elle ne se raconte pas.

Voyage vers la guérison

L'écorce, la membrane, l'échange.

Si un jour tu manges Iboga, tu mangeras l'écorce amère de la racine de cet arbuste qui pousse dans la forêt primale au Gabon. Elle est utilisée par les peuples premiers dans leurs rituels de guérisons physiques et spirituelles depuis des milliers d'années.

Ce rituel, le Bwiti ou culte des ancêtres, est d'ailleurs à l'origine de la thérapie occidentale appelée constellation familiale. Cette plante est un précieux cadeau de la nature.

L'écorce, c'est la partie de la plante qui est directement au contact de la terre, c'est la membrane qui cogère les échanges de la plante avec la terre. En mangeant cette écorce, tu recontactes tes propres racines. En quelque sorte, tu réévalues et optimises tes programmes d'échange — entrées et sorties — avec l'extérieur.

Le reformatage de ton biodisque dur est activé. Durant tout le mois qui suit, le travail en profondeur continuera à se faire.

Tout ce vécu se fait avec un sentiment intense d'hyperprésence. À aucun moment il n'est question de paradis artificiel — l'amertume exécrable du bois ne donne d'ailleurs vraiment pas envie d'y revenir.

Iboga participe à la guérison des maux et blessures, des plus physiques aux plus subtils. En mangeant le bois sacré, tu te réappropries toute la force de l'univers qui est en toi et en chacun d'entre nous, et tu acceptes de la redistribuer sans peur de manquer.

Cérémonie de nuit, communauté réunie autour du feu
La nuit, autour du feu.Image symbolique

Du culte des ancêtres au Bwiti

La rencontre peuples premiers — Bantous, le mélange initiatique.

Communauté babongo réunie en lisière de forêt, peuples premiers du Gabon
La transmission se fait dans le silence du sacré.Photographie
Transmission par les mains, rite Bwiti
Les rites mêlent culte des ancêtres et Iboga.Photographie
Bokayé tenant le ngombi, la harpe sacrée, dans l'atelier d'Ebando
Une tradition vivante, transmise par les lignées.Photographie
Masque Bwiti, fonction rituelle

Le masque Bwiti

Sa fonction est rituelle.
Pas folklorique.

Les masques portent une fonction précise dans la cérémonie. Ils ne sont pas des objets à photographier. Ils ne sont pas des souvenirs à ramener. Ils sont vivants.

Le but de l'initiation, qui peut s'étaler sur plusieurs jours, est notamment de faire remonter l'impétrant à l'origine des temps en revivant les souvenirs de milliers de générations qui l'ont précédée.

Falang Vaza-Lobo, journaliste

Le sentiment de paix

Discernement, bonheur, autonomie.

Ce sentiment de paix génère :

  • du discernement — là où l'intelligence est au service du cœur
  • du bonheur — et c'est là où il y a le plus de bonheur qu'il y a le plus de vérité
  • de l'autonomie — pourquoi aller consommer à l'extérieur ce qui existe en toi ?

C'est dans cette énergie que la compréhension profonde et les transformations durables peuvent s'installer.

Les peuples premiers appellent aussi Iboga le Bois Sacré. Mais qu'est-ce qu'il a de plus sacré qu'un autre bois, cet Iboga ? Iboga, lorsqu'il est utilisé dans le cadre d'une action de guérison, est une plante enthéogène — qui amène Dieu à toi (Dieu n'étant qu'une façon de parler ; les mots Univers, Vie, Amour feraient presque aussi bien l'affaire).

Manger de l'Iboga est une expérience de foi dans la vie. Tu as alors accès à une forme de mémoire collective.

L'intention compte

Confiance dans le rythme juste.

Le voyage vers la guérison n'est pas uniquement lié au fait de manger de l'Iboga, mais aussi dans l'intention que tu y associes et dans les conditions dans lesquelles tu le manges.

Le « miracle » de ta guérison dépend donc aussi de ton intention de guérison. Et ça ne marche pas forcément à 100 % du premier coup — tu auras peut-être besoin d'une ou deux sessions supplémentaires pour être confortable dans cette nouvelle dimension de vie.

Lorsque tu manges le bois, il travaille en toi là où il doit travailler, au rythme juste. Peut-être que tu n'auras aucune vision et seulement des sensations physiques, tout du moins consciemment. Peut-être que tu feras voyage sur voyage. Peu importe — confiance.

L'essentiel, c'est que la guérison se fasse là où elle doit se faire. Et Iboga voit là où tu dois guérir. Et si tu l'avais vu avant, tu ne serais pas venu manger ce bois.

Eau claire et galets dans la forêt équatoriale gabonaise, lieu de purification rituelle

L'eau, les galets, la forêt — éléments du rite de purification

Au fond du placard

Là où sont rangés tous tes secrets.

Comme dans Alice au pays des merveilles, en mangeant le Bois Sacré, tu vas aller au fond de ton placard — là où sont rangés tous tes secrets. Accepter de quitter ton siège de spectateur-rêveur, ouvrir la porte secrète qui est au fond de ce placard, et…

Guérison,
bonheur
et autonomie.

— Pierre-Kouna

Danseuses au corps peint de kaolin blanc lors d'une cérémonie Bwiti de nuit
Le regard documentaire sur le Bwiti, porté par Cheyssial.Photographie

Le Gabon filmé

Le film documentaire qui a ouvert un regard.

Cinéaste documentariste et ethnologue indépendant, Jean-Claude Cheyssial a filmé l'intérieur du Bwiti pour le faire voir au reste du monde, accompagné par Tatayo dans ses reportages. Ses documentaires restent une porte d'entrée précieuse pour qui veut comprendre la tradition sans y entrer.

Lire sa lettre de recommandation
La Nuit du Bwiti (1995), documentaire de Jean-Claude Cheyssial sur la société initiatique du Bwiti, où apparaît Tatayo. Tourné au Gabon, diffusé sur RFO, France 3 et TV5.
Musique sacrée · le ngombi
Papé Nziengui à la harpe ngombi, filmé par Vincent Moon (Petites Planètes). Une partie de l'enregistrement a été réalisée au temple d'Ebando, à Libreville.

Voix qui en parlent ailleurs

Une constellation de regards extérieurs sur Ebando et sur le Bwiti.

Presse internationale, podcasts spécialisés, livres de référence. Survolez pour mettre en pause.

Masque et transmission, deux traditions

Deux traditions, une transmission

Dissumba (Fang) et Misoko-Ngondé (Akèlè Simba).

Le Bwiti Fang Dissumba vient des peuples Fang du nord du Gabon. Le Bwiti Akèlè Simba Misoko-Ngondé vient des Akèlè (Simba) du centre. Chacune a ses chants, ses rythmes, ses masques, sa cosmogonie.

Tatayo est initié dans les deux. Cette double transmission est rare. Elle permet à Ebando de tenir une position de référence, portée collectivement par les transmetteurs présents.

Lire notre histoire
Note d'Ebando

Une maison de transmission, pas une retraite spirituelle.

Ebando est l'une des maisons de transmission du Bwiti et de l'Iboga au Gabon. L'association accompagne chaque venue dans un cadre respectueux des traditions Tradition initiatique du peuple Fang, dans le nord du Gabon. Hugues Obiang Poitevin (Tatayo) y a été initié en 1979, premier blanc reçu dans cette lignée. et Tradition Bwiti du centre du Gabon (Akèlè / Simba). Tatayo y a été initié en 1994 dans la lignée Ngondé na Dipouma., avec une équipe locale formée et expérimentée.

Notre approche :

  • Pas d'initiation individuelle — nous conseillons un séjour groupé (idéal : 3 personnes)
  • Séjour de 12 jours — la durée est définie par Ebando pour chaque session
  • Préparation médicale obligatoire — ECG, examen foie, tension, sobriété recommandée 2 semaines avant
  • Aftercare — 4 à 6 mois de sobriété recommandée après le retour

Niveau 2

Lire le texte complet

Version 2010 — 3 201 mots, mots préservés, mise en forme refaite.

Les sections numérotées ci-dessus reprennent intégralement les mots du texte historique d'Ebando, restructurés par sections, paragraphes raccourcis pour la lecture écran. Aucun mot n'a été ajouté, aucun n'a été supprimé.

Pour consulter le rendu original tel qu'il existait en 2010 sur le site historique, suivez le lien d'archive ci-dessous.

Mention historique : 2 liens externes signalés morts dans l'audit (julienbonhomme.ethno.free.fr, jstor.org spécifique) ne sont pas réactivés.

Pour aller plus loin

La compréhension ouverte, le déroulé jour par jour.